6 nov. 2008

LOHAS, LOVOS, MACRO, MÊME COMBAT


Taper LOHAS dans Google : résultats = 3 millions d'entrées.


LOVOS = 630.000

Macrobiotique = 43.000.

Maintenant nous sommes tous des LOHAS. Les LOHAS envahissent la Planète. La Terre est sauvée. Rallions nous tous sous la bannière LOHAS.

Le concept LOHAS (Life of Health and Sustainability - pour une vie saine et durable) est né au Japon et tend à se développer en Europe et en Amérique… Écolo certes, mais avec une variante : être « lohas » c’est avant tout se préoccuper de son propre environnement et tout faire pour qu'il soit sain (alimentation, recyclage de tous les déchets et consommer bio en toutes circonstances).

Lohas est d'abord un mode de vie japonnais il commence à faire parler de lui depuis 2002 mais c'est le livre "Silent spring" de Rachel Carson-1962 sur les risques du réchauffement de la planète qui en ai l'origine. Rien à voir avec une secte lohas (life and health and sustainbility) concerne presque 30 % de la population japonnaise. Dans la vie de tous les jours cela signifie une nourriture biologique des véhicules hybride et de nombreux produit écolo jusqu'au vêtement .

Lorsqu’un journaliste interroge des jeunes japonais et leur demande quelles sont les grandes tendances qui régissent actuellement la vie des japonais, ceux-ci répondent indubitablement, le concept lohas… Les Japonais ont vraiment envie de vivre sainement et de tout faire pour cela. Ça commence avec l’alimentation, car la jeune génération ne mange plus comme ses parents, les fast foods sont arrivés au Japon et la junk food commence à faire des ravages.

C’est pourquoi les Japonais ont bien compris qu’il fallait revenir un mode d’alimentation plus sain. Surfant sur la vague du mouvement LOHAS, la macrobiotique revient dans les assiettes, et connaît un engouement certain, surtout dans les grandes villes de l’île. Au japon la "macrobiotique" est née durant l’ère Meiji - 1868 –1912 – sous l'influence du livre de C.W. Hufeland " Prolonger la vie par la macrobiotique" qui fut traduit en japonnais dès le début du 19é siècle.

Les LOHAS représentent actuellement 17 % de la population américaine. À eux seuls, 47 % des 45-65 ans font partie de ce segment qui est dévoué à sa santé personnelle ainsi qu’à celle de la planète. Ces militants croient fermement que les entreprises ont une responsabilité sociale. Ils préfèrent aussi acheter des marques respectueuses de l’environnement et de leur santé. Ils achètent de la nourriture biologique et mange macrobiotique, boivent des boissons à base de soya, ou des boissons sans colorant artificiel, recherchent des produits certifiés ENERGY STAR, bâtissent leur maison avec des matériaux naturels, se procurent des produits nettoyants naturels pour l’entretien de la maison, achètent des fenêtres à haut rendement énergétique, des ampoules fluorescentes de longues durées, des véhicules hybrides et des panneaux solaires. Les 45-65 ans ont les moyens financiers de concrétiser leurs attitudes responsables en achats responsables.

Depuis peu, ils sont devenu une cible importante des responsables marketing qui voient-là l'arrivée providentiel d'une nouvelle source de profit.
C'était à prévoir...marketing oblige! On ne pouvait que s'attendre à ça. Les multinationales de tout bord ont les budgets nécessaire pour métamorphoser l'image de leur produit afin de les rendre "attractif" au goût du public. Il ne nous reste plus qu'à attendre que ces multinationales sorte une ligne de produits qui donne l'impression d'être aussi bon pour la santé que le biologique...et on n'y verra que du feu. Il faut garder la tête froide, notre seul réel pouvoir économique en tant qu'individu, est de faire des achats sélectif conscients!

Dernièrement est apparu une nouvelle branche des LOHAS, les LOVOS acronyme de Lifestyles of Voluntary Simplicity que nous pourrions traduire par Modes de vie pour une simplicité volontaire. C'est le nom d'une niche de consommateurs utilisé en mercatique américaine, qui représente un sous-groupe des LOHAS. Souvent associé à la promotion de la décroissance, ce style de vie est le fait de personnes faisant le choix d'une simplicité volontaire qui consiste en la recherche d'un mode vie plus authentique, loin des tourments de la consommation effrénée et de l'emprise de l'argent. Ces personnes sont aussi de fervents défenseurs de la nature et du développement personnel. Comme les LOHAS, ils consomment bio et commerce équitable.

Pour être un LOHAS appliquer les recommandations suivantes.

Pratiquez des exercices physiques modérés tous les jours, tels que le yoga, le Taï-chi ou le Do-in.
Ne fumez pas et tenez-vous éloigné de la fumée passive.
Traitez les autres avec courtoisie et soyez tolérant et amical.
Mangez des produits biologiques ou diététique, le plus souvent possible.
Respectez la nature, protégez l'environnement et encouragez les autres à faire de même.
Pratiquez le tri sélectif de vos déchets.
Partagez le style de vie Lohas avec d'autres.
Choisissez une imprimante de bonne qualité pour éviter le bourrage et économiser le papier.
Utilisez des ampoules fluo économique, car elles requièrent 66% de moins d'électricité que les ampoules conventionnelles
Eteignez les appareils électriques que vous n'utilisez pas. Laisser les appareils en «stand by» est un gaspillage d'électricité.
Offrez les vêtements que vous ne portez plus à des organisations caritatives.
Economisez l'eau le plus souvent possible
Rendez-vous à votre travail en bus, en vélo ou à pied. Sinon choisissez une voiture hybride ou à faible consommation de carburant.

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Être un LOVOS

Dans l'Art de vivre macrobiotique, un des principes essentiels recommandés par G.Ohsawa est le "VIVERE PAVRO ", c'est exactement la définition d'un "LOVOS". ( lifestyle of Voluntary Simplicity), sous groupe des LOHAS. Moi qui pratique cet art de vivre depuis 40 ans, je me reconnais d'ailleurs parfaitement dans cette description.

Mais comment vit-on ce credo, dans une société entièrement vouée à la consommation à outrance. Cela revient à dire comment être un hérétique parmi les croyants ou un dissident chez les traditionalistes ou pire un islamiste chez les mécréants.

C'est pour vous dire, que vivre avec les autres, n'a pas été facile, sauf de cacher cette vilaine tare, qui mettait la société de consommation en péril. Ce qui n'a pas été mon cas, bien au contraire, puisque dès le début j'ai été enthousiaste et heureux d'avoir découvert ce mode de vie qui était en adéquation avec un sentiment profond mais inconscient de contrition vis-à-vis des abus en tout genre commis par la civilisation moderne occidentale.

C'est dans les années 70 que j'ai été atteint, à l'époque des 30 glorieuses, un temps ou personne ne remettait en cause l'épanouissement de la révolution industrielle. Le paradigme d'une prospérité pour tous, sans réserve, avec un seul mot d'ordre " consommez". Cette croissance exceptionnelle qui a ouvert les portes de la société de consommation et de l'american way of life.

J'étais pourtant bien intégré, et un parfait exemple de réussite, après des études d'agrochimie, je me retrouvais en 1965 comme laborant dans une multinationale, chef de fabrication en 1970, et c'est parce que je le valais bien…! hum que j'étais nommé directeur d'usine dès 1973. Moi qui ne voulais rien, j'avais tout, le pouvoir, certes petit, mais quand même sur 100 à 200 employés, un très bon salaire, voiture et logement de fonction, et une certaine liberté à l'intérieur des règles établies dans toute grande entreprise. Lorsque la direction du groupe ma proposé la direction d'une division comprenant une dizaine de sites de production, vous vous figurez que j'ai sauté de joie, et fêté ça avec champagne et caviar, et bien non, j'en ai profité pour donner mon congé. Là je peux vous dire que que cela a fait du bruit parmi mes collègues et jusqu'au conseil d'administration. Comme j'avais un contrat de non concurrence, m'interdisant d'occuper un poste dans toute entreprise similaire, un inspecteur mandaté par le groupe, a vérifié régulièrement, durant un an, mes occupations professionnelles. Ces rapports on dû surprendre mes anciens patrons persuadés que j'avais reçu des offres d'une société concurrente.

Rapport d'activité pour la période du.....à....... - 1978
Lieu de résidence : Genéve.
Cultive des légumes biologiques sur des terrains loués à un paysan.
Vend ces légumes sur les marchés, ainsi que d'autres produits bio, comme du pain et des céréales
Créé une société d'importation de produits diététiques - macrobiotiques et biologiques.
A ouvert un magasin d'aliments bio et macrobiotiques.
A ouvert un restaurant végétarien.

Non mais il est fou cet homme…! Abandonner un si bon job pour se lancer dans un commerce alternatif si aléatoire. Bon… il y en a une qui n'a pas supporté, c'est ma femme, elle ma quitté avec armes, bagages et enfants, pour quelqu'un de plus sécurisant. C'est le sacrifice le plus pénible que j'ai eu à supporter au cours de se changement de cap.

Bien sur, être macrobiotique à l'époque et LOVOS maintenant, suppose de respecter certaine règles.

La première, la principale, c'est de ce nourrir selon les principes macrobiotiques qui recommandent :

1. Apprendre à reconnaître le jeu permanent des deux forces antagonistes et complémentaires yin et yang.
2. Dans le but de respecter les polarités harmonieuses de la nature, il est conseillé de ne pas utiliser de produits alimentaires contenant des additifs chimiques, et de donner la priorité aux aliments issus d’une agriculture biologique, artisanale et régionale.
3. Consommez des fruits et légumes provenant de la même zone climatique où vous vivez, en respectant la saison biologique naturelle de végétation
4. La consommation de produits animaux devrait répondre à trois critères :
a. Manger les espèces qui ne fuient pas.
b. Manger les espèces biologiquement les plus éloignées de nous.
c. Ne pas manger de sous-produits animaux provenant d’un vol ou d’un détournement abusif.
5. “ Vivere parvo “ savoir se contenter de l’essentiel sans gaspiller les dons de la vie. Être reconnaissant pour tout ce que l’on a reçu.

Voilà c'est pas compliqué, si seulement 1/4 de la population mondiale avait suivi, nous n'en serions pas là aujourd'hui.

Pour ma part j'ai rajouté à titre personnel une 6e règle :
Ne jamais devenir propriétaire terrien. De quel droit les hommes s'approprient-ils une terre. La loi du plus fort, du premier occupant, ou d'un titre de propriété qui vous donne le droit de vie ou de mort sur tout ce qui se trouve sur et dessous vos terres – faune - flore - minerais -pétrole - et même parfois sur les hommes qui y habitent.

La Terre n'appartient à personne, pas même aux états. Que de guerres, de morts au nom de la propriété territoriale.

Ajoutez les dernières recommandations écologiques, pour protéger l'environnement, qui se résument à : économisez…économisez tout, l'eau – l'électricité – le pétrole – etc, mais grave paradoxe les économistes nous disent : dépensez… dépensez. Achetez…achetez, n'importe quoi sinon la récession nous guette.

Bref, il faut choisir son camp, si je comprends bien. Mais le camp de ceux qui veulent toujours plus, principalement parmi ceux qui n'ont encore jamais rien eu, sera toujours plus important que tous les LOHAS - LOVOS et MACRO réunis. Comment résoudre se dilemme ?

40 ans plus tard, la retraite venue, je ne regrette pas d'avoir été un des pionniers de la production biologique en Suisse et un ardent promoteur de l'art de vivre macrobiotique, qui est certainement le mode de vie le plus approprié pour préserver la santé des populations humaines et de la planète Terre.

Maintenant à cause de l'inconséquence humaine, c'est la planète elle-même qui est gravement malade au point que la survie même de l'humanité est remise en question. Malgré mon âge, je crains d'assister à la huitième extinction de masse, qui s'est produite sur la Terre durant les dernières 650 millions d'années, mais, celle-là, a de particulier, qu'elle est provoquée sciemment par l'Homme.

Mais comme je suis curieux, j'essaie de me maintenir en vie le plus longtemps possible, pour assister au feu d'artifice final, ce qui ne devrait pas tarder, vu le peu d'empressement que les hommes mettent à stopper l'hémorragie des gaz à effet de serre.

Vu l'empressement par contre, qu'ils mettent à continuer à déboiser les forêts séculaires, à gaspiller et à polluer l'eau, à pomper avec frénésie les dernières gouttes de pétrole, à produire des voitures par millions, à injecter des nouveaux produits chimiques par milliers, à vider les océans des derniers poissons comestibles, etc. etc.

Les prochaines années risquent d'être particulièrement difficiles pour les habitants de la Terre.

Comme d'habitude, elle, la Terre sans remettra, mais l'Homme disparaîtra, et peut-être que dans 500 millions d'années une nouvelle créature plus sage se développera à nouveau, dans le respect de la Vie , sur un monde refait à neuf par Dame Nature.

A lire : HOMO DISPARITUS de Alan Weisman - Flamarion

1er novembre 2008



3 commentaires:

Elzéard Bouffier a dit…

Merci pour votre témoignage sincère.
Je me reconnais dans ce désir de vie simple, c'est même mon but ultime.
Mais je me sens seule sur ma route. Les préoccupations sont trop peu spirituelles (même chez les croyants).
Les adultes me déçoivent (je les sens souvent dépassés par les événements) alors que j'aimerais être guidée pour devenir meilleure.
Encore merci pour la lumière que vous apportez par votre site.
Marie-Aude

Senga a dit…

LOHAS ...Rien que le nom me fait rever ...j espere y arriver, cela fait quelques mois que j essaye , je tombe et je me releve . Je vais ecouter votre conseil de bien etudier d abords la science du Yin etYang

Gérard Le Wenk a dit…

Un pas a droite, un pas a gauche, c'est ainsi que l'ont va tout droit. Merci pour la visite